Elsa Cayat:la psy de Charlie Hebdo assassinée

matite-colorate-166215 1Le Figaro – Madame –  Paris 8 gennaio 2015

Ci  arriva dalla United Nations Committee questo testo, che non ha bisogno di commento.

“Just for you to know that Elsa Cayat the only woman killed in the Paris attack at Charlie Hebdo was trained as a psychiatrist also identified as a psychoanalyst. Her columns had a couch and she wrote frequently about psychoanalytic topics, even though satirically.”

Di seguito l’articolo di Le Figaro-Madame su Elsa Cayat. (La Redazione Spiweb) 

Eugénie Bastié avec la rédaction du Madame Figaro.fr | Le 08 janvier 2015

Elsa Cayat : la psy de Charlie Hebdo assassinée

Douze morts. Une femme. Une femme d’exception comme on dit des morts. Elle, le fut de son vivant. Elsa Cayat, 54 ans, était psychiatre et psychanalyste. Juchée sur des talons vertigineux, la joie aux lèvres, le rire puissant, l’irrévérence comme une conquête, elle avait rejoint Charlie Hebdo, comme on tombe amoureuse, raconte sa tante, dans une lettre ouverte bouleversante. 

Dans Charlie Hebdo, elle tenait deux fois par mois la chronique « Charlie Divan », où elle traitait de sujets aussi divers que la genèse de la Shoah ou l’autorité parentale. Sa dernière chronique, parue dans le numéro d’hier et intitulée « Noël, ça fait vraiment chier », partait d’une réflexion que lui avait faite l’un de ses patients pendant les fêtes. Elle auscultait le désir et la sexualité dans ses ouvrages, comme dans Les Enjeux cachés de la sexualité masculine, son dernier essai, publié chez Albin Michel. Cette sorte de guide sexuel allait de l’objet au symbole, abordant des questions telles que « Les mots sont-ils des objets sexuels ? », « L’argent est-il aphrodisiaque ? »…

ELSA

Ces questions, ces variations sur le plaisir et les sujets philosophiques, c’était avant. Avant ce mercredi où elle a retrouvé ses amis de Charlie Hebdo.

« Je sais que les assassins ont demandé à leurs victimes de se lever et de décliner leur identité. Comme elle était juive, je ne peux m’empêcher de penser qu’elle a été tuée pour cette raison, et j’en éprouve des relents d’horreur », a confié sa cousine, la productrice de cinéma Sophie Bramly, dans Le Parisien.

«Une femme magnifique, libre, assassinée hier»

Ce matin-là, sa tante Jacqueline Raul-Duval lui a téléphoné. Pour la soutenir, la pensant effondrée par la perte de ses proches du journal satirique. Sans savoir qu’elle était tombée avec eux. Dans une lettre ouverte pleine d’amour, elle a voulu raconter, une dernière fois, Elsa : « Une femme que j’aime infiniment pour sa liberté d’esprit, son exigence intellectuelle, son extraordinaire gaieté. Elle rit en permanence, même lorsqu’elle profère des vérités dures à entendre. Il faut tout dire, me répète-t-elle, n’aie peur de rien, affranchis-toi. Libère toutes tes forces. Éclate. »

Interne des hôpitaux de Paris à 22 ans, médecin psychiatre, elle s’est dès son installation constituée une énorme clientèle, des intellectuels fascinés par sa qualité d’écoute, son pouvoir d’analyse, sa fulgurance, raconte sa tante. Qui se souvient parfaitement : « Quand, pour la première fois, elle me parle de Charlie Hebdo auquel elle collabore depuis quelques années, j’ai l’impression qu’elle me confie une rencontre amoureuse. Tous les superlatifs défilent, elle allume une autre cigarette, elle boit une gorgée de vin pour exalter plus encore les qualités de son directeur, Charb, de son équipe : “Quel talent, quel courage, aucune prudence ne freine leur volonté, leur impatience de dénoncer la bêtise, l’intolérance, l’exclusion”. »

CHARLIE

Cet esprit-là a, semble-t-il, touché ses patients qui témoignent ce jeudi sur le Net.

« Je lui dis merci pour le bien qu’elle m’a fait » 

« C’était une femme extraordinaire », confie Valérie, qui fréquentait depuis sept ans son cabinet situé avenue Mozart, dans le XVIe arrondissement de . Elle nous a permis de reproduire le message qu’elle a publié sur Facebook : « Elle était la liberté de penser, de se conduire, de croire en soi et de s’engager pour changer le monde. Dans son grand bureau foutoirdesque, croulant sous les livres annotés et les papiers froissés, la clope au bec et un petit noir à la main, toujours perchée sur ses talons vertigineux, elle m’aspirait pour des séances sans concessions qui démarraient invariablement par “Alooooooors, racontez moi”.

Je ne pourrai plus rien lui raconter, car des fanatiques l’ont tuée.

Je pense à son mari, à sa fille adolescente, à son gros chien qui allait et venait, à ses patients qu’elle laisse sans miroir, à sa famille, à ses amis.

Je lui dis merci pour le bien qu’elle m’a fait et qu’elle me manque déjà terriblement, comme tous ces esprits libres victimes hier de la barbarie. »